La problématique du sens et du but

Mar 8, 2025 par

Ali Rıza Temel

Résoudre la problématique du but et du sens est impossible sans la lumière de la révélation. Des sujets tels que le début de l’existence, en particulier la mort et l’au-delà, le paradis, l’enfer, le jugement, le Livre, le halal, le haram, le péché et les bonnes actions ne peuvent être connus qu’à travers le message divin.

Les sciences positives répondent à la manière dont l’existence et les événements se produisent ainsi qu’à la relation de cause à effet. Mais elles ne répondent pas à la question du pourquoi.

Aujourd’hui particulièrement, nous vivons une crise de sens et de finalité plus grande que celle des périodes précédentes.

L’humanité, qui s’est presque perdue dans l’ivresse des possibilités et des opportunités illimitées offertes par la technologie, perd peu à peu son intérêt pour le monde métaphysique. Tandis qu’elle tourne entre les roues d’une vie coincée entre la naissance et la mort, c’est la réalité qui fait véritablement de l’être humain un humain, c’est-à-dire plus qu’une simple existence économique qui donne un sens à la vie, celui d’exister après la mort, ainsi de ce fait l’humain s’éloigne de la contemplation de la foi et des actes, qui lui procurent du plaisir.

 La technologie, qui est généralement le moteur de la vie moderne, vise, quant à elle, à n’offrir que des opportunités qui facilitent et enrichissent la production, l’efficacité et la durée de vie des matériaux. Elle ne donne pas la priorité aux valeurs humaines telles que la justice, la moralité, la foi et la bonté.

La plus importante raison pour laquelle l’homme moderne vit dans une crise de sens et de but est qu’il est privé d’une philosophie de vie centrée sur le sens et le but. Tout comme la machine n’a pas d’âme, le monde spirituel et sentimental de la personne mécanisée devient de jour en jour plus stérile et la civilisation se transforme en matérialisme et en réalité physique.

Tout comme un corps sans âme n’est rien d’autre qu’un cadavre, une civilisation sans spiritualité n’est rien d’autre que du fer, de l’acier et du béton.

La base de l’insignifiance et de l’inutilité réside dans l’incrédulité en Dieu et en l’au-delà. L’existence et la vie sont alors envisagées sous deux angles, une coïncidence, ou une création.

Ceux qui croient aux coïncidences nient dès le début tous les plans, programmes, buts et objectifs concernant l’existence et les événements. Parce que la coïncidence est un phénomène qui se produit de manière aléatoire, non basée sur un plan ou un programme spécifique, elle n’indique pas d’objectifs raisonnables et moraux. Une personne esclave de tels phénomènes ne peut avoir ni sens ni but dans l’univers.

Le matérialisme, qui considère la matière comme le début et le créateur de toute existence, c’est-à-dire substituant la matière à la place de Dieu, n’apporte rien de nouveau dans l’histoire de la pensée. Les philosophes grecs Démocrate et Épicure sont les pionniers de ce mouvement. Selon eux, le monde n’est pas le début de cette vie et le créateur n’a aucun rôle dans l’ordre et le fonctionnement de l’univers. Tout s’est produit à la suite d’enchaînements de coïncidences. La source du problème est qu’ils ne regardent les êtres et les événements qu’à travers la fenêtre des cinq sens et de la raison, et qu’ils ignorent la révélation, alors qu’en fait il est impossible de résoudre le problème du but et du sens sans la lumière de la révélation.

Des sujets tels que le début de l’existence, en particulier la mort et l’au-delà, le paradis, l’enfer, le jugement, le Livre, le halal, le haram, le péché et les bonnes actions ne peuvent être connus qu’à travers le message divin.

Les sciences positives répondent à la manière dont l’existence et les événements se produisent ainsi qu’à la relation de cause à effet. Mais elles ne répondent pas à la question du pourquoi. On ne peut pas attendre de quelqu’un qui n’a pas conscience de sa propre existence et qui ne sait pas dans quel but il vit qu’il établisse un lien avec les valeurs suprêmes extérieures et au-delà de lui-même.

Une perspective qui part de nous-mêmes et s’étend à toute existence et à l’univers est le moyen le plus fiable de penser sainement.

Une personne qui pense et est consciente de sa propre existence ne peut s’empêcher de se poser ces questions :

« Quel artiste a créé la lumière et les ténèbres ?

D’où-je viens ?

Pourquoi suis-je venu et où vais-je ?

Quel est mon devoir principal dans ce monde d’ici-bas et que dois-je y faire ? »

Notre existence n’est pas le fait d’une coïncidence. L’être humain n’est pas un être solitaire et abandonné, jetée dans ce monde entre les mains d’un destin aveugle. Comme notre existence a un propriétaire, notre vie a aussi un sens et un but.

Le philosophe Sénèque, qui disait que vagabonder sans but et en fainéant dans ce monde n’est rien d’autre que de l’oisiveté, dit dans sa lettre au gouverneur de Sicile:

« Ne devrais-je pas enquêter sur le début de l’univers ? Ne devrais-je pas demander qui est le créateur du monde ? Comment une masse aussi énorme a-t-elle pu faire régner l’ordre public ? Qui a récupéré ces objets épars ? Qui a trié les substances mêlées les unes aux autres ? Qui a donné aux êtres une certaine forme ? Ne saurai-je pas d’où je viens et diable où vais-je? J’ai été créé grand et suis né pour de plus grandes choses que  l’esclavagisme de mon corps. » (Sénèque. Lettres morales, page 147).

C’est croire au créateur éternel et absolu qui donne un sens à l’existence et à la vie et qui possède la connaissance et la sagesse. L’incrédulité n’a aucun sens.

Toute personne saine d’esprit se demande la même chose que ce que Zarathoustra a demandé :

« Qui m’a créé (qui m’a mis au monde) ? Qui a créé l’eau et les plantes lors de la création du monde ? Qui a ordonné les vents et les nuages ? Quand un fils est né, qui a mis l’amour dans le cœur de son père ? »

Dire que le monde a un sens signifie que Dieu est la source première de tout. Le Saint Coran arrache l’épais rideau de l’insignifiance et de l’inutilité, ouvre un horizon lumineux devant nous et nous montre de la manière la plus claire que tout a été créé selon un plan et un programme. Il attire notre attention sur la façon dont tous les êtres vivants et non vivants ont été créés, comment le ciel s’est élevé sans piliers, comment les montagnes ont été érigées, comment la terre s’est étendue et comment toutes sortes de plantes ont été cultivées.Tout dans l’univers indique l’existence d’un créateur sage et puissant :

 « Il y a certes dans les cieux et la terre des preuves pour les croyants. Et dans votre propre création, et dans ce qu’Il dissémine comme animaux, il y a des signes pour des gens qui croient avec certitude.  De même dans l’alternance de la nuit et du jour, et dans ce qu’Allah fait descendre du ciel, comme subsistance [pluie] par laquelle Il redonne la vie à la terre une fois morte, et dans la distribution des vents, il y a des signes pour des gens qui raisonnent. Voilà les versets d’Allah que Nous te récitons en toute vérité. Alors dans quelle parole croiront-ils après [la parole] d’Allah et après Ses signes? » (Al-Jathiya, 3 à 6).

C’est une nécessité pour l’être humain de penser et de tirer des leçons, de réfléchir au sens et à la sagesse de l’existence et des événements, et d’en tirer des leçons et des leçons. C’est pour cela que l’esprit et les organes sensoriels existent.

La croyance en Dieu et en l’au-delà éclaire et donne un sens à notre passé et à notre avenir. Il disperse les ténèbres de la non-existence éternelle avec la lumière de l’existence éternelle.

Au-delà de la croyance en Dieu, la croyance en l’au-delà est le plus brillant élément qui donne un sens à la vie. Si la mort est un trou noir où tout finit, cela signifie qu’il n’y a pas de différence entre le bien et le mal, entre l’oppresseur et l’opprimé, entre le meurtrier et la victime.

Si tout le monde est voué au même résultat sombre et au même néant, à quoi bon renoncer et être vertueux, honnête et chaste ?

La conscience humaine se rebelle contre l’injustice. L’être humain ne peut jamais accepter que les bonnes et les mauvaises actions restent sans contrepartie.

On sait que la justice n’est pas pleinement réalisée dans ce monde. S’il n’y a pas d’au-delà où la justice se manifestera pleinement, ou si chacun pourra s’en sortir avec ce qu’il aura fait dans ce monde, il ne peut pas y avoir de tableau plus terrifiant que celui-ci.

Mais Dieu, qui est juste, est le détenteur de la connaissance et de la sagesse, ne laisse rien sans contrepartie.

L’existence et la vie y prennent alors un sens :

« Ceux qui commettent des mauvaises actions comptent-ils que Nous allons les traiter comme ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, dans leur vie et dans leur mort? Comme ils jugent mal! – Et Allah a créé les cieux et la terre en toute vérité et afin que chaque âme soit rétribuée selon ce qu’elle a acquis. Ils ne seront cependant pas lésés. »  (Al-Jathiya, 21-22).

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