Abû Bakr As-Siddîq (qu’Allah soit satisfait de lui)

Mar 15, 2019 par

Abû Bakr As-Siddîq (qu’Allah soit satisfait de lui)

 

Mustafa Eriş

 

 

 

 

Abû Bakr As-Siddîq fut désigné par le Tout-Puissant comme « le second des deux » par notre maître et dénommé « As-Siddîq » ce qui signifie « le véridique ». Il fut le compagnon fidèle de son bien-aimé, présent à ses côtés dans la grotte au moment de l’hégire.

 

Il devint le premier musulman et reçu ainsi les éloges du Prophète () : « Lorsque je l’ai invité à l’islam, il n’a ni sursauté, ni hésité. »

 

Il fut tout au long de son existence le confident inséparable de notre Prophète (), mettant à son service tout ce qu’il possédait : sa vie et ses biens. Son comportement a été fondu dans l’amour de l’islam et il essayait constamment d’agir de la meilleure des manières. Il jouissait d’une haute morale et d’une intelligence élevée. Il avait une conscience éveillée et une grande ouverture d’esprit. Un jour, alors que le Prophète () était assis à la mosquée avec ses Compagnons, ‘Ali fit son apparition, salua l’assemblée et tenta de repérer une place disponible. Notre bien-aimé Prophète () regarda autour de lui pour voir qui allait lui céder sa place. Abû Bakr, s’étant aperçu de la chose, s’exclama : « Viens donc par ici Père des beaux »[1] et se leva précipitamment de sa place. Notre Prophète () fut particulièrement réjouie par l’attitude d’Abû Bakr et dit à ce dernier : « Ô Abû Bakr ! La valeur d’une personne vertueuse ne peut être rehaussée que par une autre personne  tout aussi vertueuse ! »

 

La maturité de son intelligence et de son esprit éveillé était telle que la moindre portion de nourriture dont il ignorait la provenance était pour lui susceptible d’être illicite ; s’il en mangeait malencontreusement, il faisait tout ce qui était nécessaire pour la régurgiter.

 

Un jour, le serviteur d’Abû Bakr lui apporta un plat, et, tout en restant silencieux, celui-ci en prit une part. Le serviteur demanda à son maître : « Que vous arrive-t-il ? Chaque soir, vous me demandiez la provenance de la nourriture que je vous apporte et seulement après, vous la mangiez ! » Abû Bakr dit : « Pauvre de moi ! D’où as-tu donc apporté cette nourriture ? » Le serviteur répondit : « Je connais une famille depuis l’époque de l’ignorance. Je suis allé leur rendre visite. Un mariage y était célébré. Ils m’ont donné ce plat en espérant que vous alliez le manger. » De suite, as-Siddîq dit à son serviteur : « Encore un peu, tu me détruisais » et il mit ses doigts dans sa bouche afin de régurgiter la bouchée de nourriture qu’il avait déjà avalée.  Lorsque le serviteur lui dit : « Ô celui qui baigne dans la miséricorde d’Allah ! Toutes ces souffrances pour une simple bouchée de nourriture ! » Il répondit : « Si celle-ci devait sortir uniquement accompagnée de mon âme, je la sortirais quand même ! »

 

À travers cet exemple, nous nous apercevons de l’intérêt que portait Abû Bakr sur la licéité de la nourriture qu’il mangeait.

 

 

Notre Prophète () demandait de temps à autre à ses Compagnons ce qu’ils avaient accompli en termes de bonnes actions. Ainsi, une fois, après la prière de l’aube, il demanda : « Lequel d’entre vous jeûne-t-il aujourd’hui ? » À cela, seul Abû Bakr avait répondu par la positive. À nouveau, le Prophète () demanda : « Lequel d’entre vous a-t-il visité un malade ? » puis : « Lequel d’entre vous a-t-il offert une aumône ? » ‘Umar dit avec étonnement : « Ô Messager d’Allah ! Nous venons à peine d’effectuer la prière de l’aube, comment aurions-nous pu rendre visite à un malade ou offrir une aumône ? » Sur ces entrefaites, Abû Bakr apporta le témoignage suivant : « Ô Messager d’Allah ! On m’a rapporté qu’Abdurrahman ibn Awf était malade et je suis passé par chez lui pour m’informer de sa situation avant de venir à la mosquée. Puis, quand je suis rentré dans la mosquée, un mendiant m’a sollicité. M’étant aperçu que mon fils Abdurrahman avait un morceau de pain dans sa main, je le lui ai pris et l’ai donné au mendiant. » Sur ce, le Prophète () déclara : « Je t’apporte la bonne nouvelle du paradis… la bonne nouvelle du Paradis… » Sur ce, ‘Ali dit : « A chaque fois que nous nous rivalisons dans le bien, Abû Bakr me bat systématiquement » et affirma qu’Abû Bakr était un symbole de vertu.

 

En raison de l’amour que portait Abû Bakr As-Siddîq pour Allah et de Son Messager (), il devançait constamment les autres dans les bonnes actions. C’était un homme courageux, au cœur sensible. Lorsqu’il récitait le Coran, ses yeux se remplissaient de larmes. Tout le monde l’aimait, car l’amour qu’il portait à tous se ressentait. Il avait coutume d’aider les nécessiteux, les esclaves et les orphelins. Il ne dépensait ses biens que pour une seule chose : l’agrément de son Seigneur. Certes, il avait racheté puis affranchi Bilal, qui avait été brûlé sur le sable incandescent, mais également ‘Ammar qui avait été frappé jusqu’à s’évanouir et Abû Fukeyheyi qui avait été traîné sur des cailloux. Il donna tout ce qu’il possédait sur la voie d’Allah et se contentait d’un manteau déchiré quand il venait à la mosquée. En raison de sa générosité, il reçut l’agrément divin.

 

Sa modestie était telle que lorsque sa cravache tombait alors qu’il était en selle sur son chameau, il ne demandait à personne de la lui rendre. Il descendait la ramasser lui-même. Il portait constamment sa propre charge et ne contraignait personne à la porter à sa place.

 

Sa pudicité était telle qu’il faisait toujours attention à ce qu’aucune mauvaise parole ne sorte de sa bouche. Il ne parlait pas tant qu’il n’avait pas de raison importante ou bien une phrase sensée, mais en cas de nécessité il s’exprimait toujours avec véracité. Il conseillait aux chargés de pouvoir (préfets et commandants) : « Lorsque vous vous adressez au peuple, soyez concis et allez à l’essentiel, car une parole trop longue fait oublier le reste. »

 

Lorsqu’une personne le flattait, il disait : « Ô Allah ! Tu me connais mieux que moi-même. » Ainsi, afin de ne pas être fier et orgueilleux, il se réfugiait en Allah. Il n’aimait pas les vaniteux. Un jour, il est allé rendre visite à sa fille Aicha. Chez elle, Aicha portait un vêtement qui traînait par terre. Abû Bakr dit à sa fille : « Ô Aicha ! Sais-tu qu’Allah le Tout-Puissant ne t’estime aucunement en ce moment. » Etonnée, Aicha répondit : « Pourquoi père ? » Et Abû Bakr de rétorquer : « Ne sais-tu donc pas que l’amour des richesses de ce bas monde engendre la vanité et l’amour de soi. Tant que cette richesse est sur cette personne, l’amour d’Allah ne n’est pas sur elle. » Sur ce, Aicha ôta sa robe élégante afin de l’offrir en aumône.

 

Le Prophète () a déclaré : « Nul ne possède de bonté à notre égard dont la récompense ne la lui a pas été attribuée, sauf pour Abû Bakr. Il a effectué tant de bonnes actions qu’Allah le Tout-Puissant va le récompenser (« en personne ») le jour du Jugement Dernier. »

 

Après le décès du Prophète (), Abû Bakr fut attristé de cette séparation et tomba malade. Il s’éteignit la 13ème année de l’hégire (634). ‘Umar fit la prière funéraire puis présenta le défunt à la « chambre du bonheur » (celle du Prophète ()). On put entendre : « Entrez et enterrez-le ! » puis il fut inhumé là-bas.

 

Qu’Allah nous permettre de faire l’effort de chercher à vivre comme cette vie dorée. Qu’Abû Bakr intercède en notre faveur.

 

 

 

 

 

[1] ‘Ali avait deux fils, Hassan (« le beau ») et Hussein (« le petit beau »).

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